À l’ombre des jeunes filles en fleurs · Œuvre nommée
Françoise et le monument de Jules II
« […] Et depuis la veille, Françoise, heureuse de s’adonner à cet art de la cuisine pour lequel elle avait certainement un don, stimulée, d’ailleurs, par l’annonce d’un convive nouveau, et sachant qu’elle aurait à composer, selon des méthodes sues d’elle seule, du bœuf à la gelée, vivait dans l’effervescence de la création ; comme elle attachait une importance extrême à la qualité intrinsèque des matériaux qui devaient entrer dans la fabrication de son œuvre, elle allait elle-même aux Halles se faire donner les plus beaux carrés de romsteck, de jarret de bœuf, de pied de veau, comme Michel-Ange passant huit mois dans les montagnes de Carrare à choisir les blocs de marbre les plus parfaits pour le monument de Jules II. […] »
Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, tome II, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, section 086, § 14.
Sources et références
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À l’ombre des jeunes filles en fleurs
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