La Prisonnière · Œuvre nommée
Vinteuil et le plafond de la Sixtine
« […] La joie que lui avaient causée telles sonorités, les forces accrues qu’elle lui avait données pour en découvrir d’autres, menaient encore l’auditeur de trouvaille en trouvaille, ou plutôt c’était le créateur qui le conduisait lui-même, puisant, dans les couleurs qu’il venait de trouver, une joie éperdue qui lui donnait la puissance de découvrir, de se jeter sur celles qu’elles semblaient appeler, ravi, tressaillant comme au choc d’une étincelle, quand le sublime naissait de lui-même de la rencontre des cuivres, haletant, grisé, affolé, vertigineux, tandis qu’il peignait sa grande fresque musicale, comme Michel-Ange attaché à son échelle et lançant, la tête en bas, de tumultueux coups de brosse au plafond de la chapelle Sixtine. […] »
Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, tome V, La Prisonnière, section 417, § 298.
Sources et références
Partie ou chapitre de la source : CHAPITRE DEUXIÈME Les Verdurin se brouillent avec M. de Charlus.
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La Prisonnière
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