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Filtrer les éléments par date : mardi, 31 mars 2026
Les collections du Musée Marcel Proust - Maison de Tante Léonie viennent de s’enrichir avec l’achat en vente publique (maison de vente Wattebled Portay) de ce pastel de Paul Baignères représentant Henri François Alexandre van Blarenbergue (1819-1906).
Deux raisons pour cette acquisition :
Paul Baignères était un ami de Marcel Proust et nous conservons déjà une œuvre de lui (une vue du lac Léman).
M. van Blarenberghe est cité dès la première phrase de « Sentiments filiaux d’un parricide », texte de Proust (1907) sur l’assassinat de la veuve Blarenberghe par son fils (la première phrase commence par ainsi : « Quand M. van Blarenberghe mourut, il y a quelques mois, je me souviens que ma mère avait beaucoup connu sa femme »).
Proust cite également van Blarenbergue dans une longue lettre à Daniel Halévy : "Quant à M. Van Blarenberghe le père, Maman l’estimait beaucoup et lui était charmant pour nous, quand nous faisions de ces voyages que ma santé rendait compliqués pour moi et si tristes pour maman. Je me rappelle le calvaire de notre voyage à Venise, et à chaque station où Maman voulait que je puisse déposer ma croix, avoir un wagon vide, y faire une fumigation antiasthmatique, elle exhibait une longue lettre que nous avait remise M. Van Blarenberghe (il était président du Conseil d’Administration de l’Est je crois) et dont se moquaient les chefs de gare italiens. [...] M. Van Blarenberghe était bien un peu réactionnaire pour maman qui était le plus grand et tendre cœur que je puisse même imaginer. Il était un peu du genre des gens dont elle disait : “il n’aime pas ce qui peut faire baisser les loyers et les actions de chemin de fer”. Mais depuis la mort de mon grand-père, elle avait avec une sorte de fétichisme adopté, transformé en objets de culte, en ustensiles de commémoration et de cérémonie, ce que de son vivant elle trouvait peut-être un peu exagéré chez lui ; or mon grand-père, bon, tendre, comme elle, que j’ai vu passer des semaines sans s’endormir parce qu’il avait vu dans la rue un homme frapper un enfant, et qui même malade et presqu’infirme faisait arrêter son fiacre à deux rues de chez lui pour ne pas risquer d’ennuyer son concierge par la vue d’un luxe qu’il ne pouvait pas s’offrir, mon grand-père croyait que le bien du peuple ne pouvait être obtenu que sous un régime autoritaire (bien relativement) et d’ailleurs anticlérical (encore plus relativement ; Louis-Philippe envoyait ses fils au lycée)."
L’œuvre sera prochainement accrochée à la Maison de Tante Léonie
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